Historique de l'université


Contexte des années 1960...
 
Début 1960, la politique d'aménagement du territoire en région parisienne rend nécessaire la construction de bâtiments universitaires. Tout un symbole : un tiers de la population française se concentre en région parisienne. La vague de natalité de l'après-guerre lié au « baby boom » provoque un afflux de nouveaux arrivants dans l'institution scolaire. De surcroît, la massification de l'enseignement universitaire atteint son apogée au milieu des années 1960 comme l'indiquent les chiffres. De 134 408 en 1950, le nombre des étudiants passe à 326 311 étudiants sur l'ensemble du territoire pour la rentrée de 1963/1964 selon le recensement du ministère de l'Education nationale. Les problèmes d'espace à la Sorbonne poussent le ministère à créer de nouvelles facultés, par exemple la faculté d'Orsay en 1958. C'est dans ces conditions que survient le décret ministériel qui vient à poser la pierre angulaire d'une nouvelle faculté en banlieue. L'université de Paris se voit dans l'obligation de délocaliser une partie de ses enseignements en raison des locaux exigus, d'un fort urbanisme au Quartier latin et du prix de l'immobilier en hausse.


Choix du terrain et décision politique
 
Le site, auparavant occupé par l'établissement central du matériel aéronautique (l'ECMA) voit donc arriver cette première vague d'étudiants exilés du Quartier latin. Géographiquement le pari est innovant. En effet, la faculté de Nanterre ne se trouve pas à la périphérie de l'agglomération parisienne au même titre que l'Université d'Orsay. Mais bien dans la première ceinture de la proche banlieue parisienne des Hauts-de-Seine. En octobre 1962, le Cabinet d'architecture « Chauliat et Chauliat » est contacté par le ministère de l'Education nationale pour la réalisation de la faculté des Lettres. Nanterre est en chantier de 1962 à 1969 avec la réalisation finale de neuf bâtiments. Cet ensemble universitaire se déploie sur une superficie de 32 hectares. Le ministre de l'Education nationale en personne, Christian Fouchet, pose la première pierre du futur ensemble universitaire de Nanterre La Folie le 5 novembre 1963. Le programme pédagogique est adopté le 19 février 1962. Il prévoit un complexe universitaire composé d'une faculté de lettres, un établissement scientifique, un centre juridique, des bibliothèques et une annexe de l'institut d'études politiques.


Création de la faculté des Lettres et de Sciences humaines

Avant de prendre le statut d'université et de gagner son indépendance, Université Paris Nanterre a connu plusieurs étapes. Le décret 64-1073 du 20 octobre 1964 prévoit la création de deux nouvelles facultés : Lettres et Sciences Humaines à Nanterre (Université de Paris) et à Nantes. Le 2 novembre 1964, la faculté des Lettres et de Sciences humaines de Nanterre est officiellement ouverte. Elle est érigée au rang d'annexe de la réputée Sorbonne. Deux ans après sa création, la faculté de Droit et de Sciences économiques s'inscrit également dans la politique de réaménagement des facs parisiennes (Panthéon-Paris). Pour inaugurer les nouveaux terrains, un premier groupe de 2872 étudiants effectuent leur rentrée universitaire en 1964/1965. L'annexe de la fac des 4 lettres de la Sorbonne devient une faculté de plein exercice le 1er janvier 1965. Les enseignants sont « détachés » de l'Université de Paris. En effet, dans les prémices des locaux de Nanterre-la-Folie le projet de départ n'est pas d'en faire une université autonome.


Succès pédagogique et rôle des « pionniers »

L'ouverture du centre universitaire à Nanterre est un véritable succès, tant sur le plan des effectifs étudiants que sur celui de la pédagogie.

Année 1964 1965/1966 1966/1967 1967/1968 1968/1969 1969/1971 1970/1971
Effectifs
Etudiants
2872 5237  8616 11 430 14 553 15 184 22 913
Taux de
variation
  82,35% 64,52% 32,66% 27,32% 4,33% 50,9%
Chiffres effectifs étudiants de Nanterre (Ministère de l'Education nationale / Archives de l'Université)

Partie de quatre sections en 1964 (lettres classiques et modernes, philosophie et sciences humaines, histoire et géographie, langues étrangères vivantes), l'institution universitaire comporte huit sections à la fin des années 1960 (lettres classiques et lettres modernes, langues vivantes, histoire, géographie, philosophie, psychologie, sociologie, histoire de l'art et archéologie). Dans le programme pédagogique initial, les facultés regroupées doivent atteindre un nombre maximum de 18 000 étudiants. Huit ans après l'ouverture de l'annexe de l'Université de Paris, plus de 20 000 étudiants sont inscrits à Nanterre. Après les « évènements » de mai 1968, une baisse de l'augmentation des effectifs étudiants est observée concernant la rentrée 1968/1969.
Cette nouvelle faculté naît entre autre de la volonté de quelques « pionniers » de relever le défi de cette aventure nanterrienne. Sous l'impulsion du germaniste Pierre Grappin et du travail collectif de certaines figures parmi lesquelles René Rémond, Paul Ricoeur et Mikel Dufrenne à l'origine du Département de philosophie, l'identité de Nanterre se dessine. D'autres personnalités font leur entrée à Nanterre, on pourra citer entres autres : Alain Touraine qui arrive à Nanterre en 1966 pour diriger le département de Sociologie. Emmanuel Levinas rejoint Nanterre pour occuper le poste de maîtrise de conférence en histoire de la philosophie moderne et contemporaine. Le principe de collégialité entre professeurs et le dynamisme du domaine de la Recherche sont une des valeurs sûres de la nouvelle faculté de banlieue. La qualité développée dans l'encadrement pédagogique, grâce à des effectifs réduits dans un premier temps, permettent un « enseignement humain » jusqu'en 1967.
Chronologie des Doyens et Présidents de l'université de Nanterre

DOYENS DE LA FACULTE DES LETTRES ET DE SICENCES HUMAINES (1965-1970)


Janv. 1965-sept. 1968 : Pierre GRAPPIN (1915 -1997)
Professeur de langue et littérature allemandes.

Sept. 1968-av. 1969 : Jean BEAUJEU (1916 - 1995)

Professeur de langue et de littérature latines

Av. 1970-fév. 1971 : René REMOND (1918 - 2007)

Professeur d'histoire contemporaine.

Av. 1969-mars 1970 : Paul RICOEUR (1913 - 2005)

Professeur de philosophie.

 
DOYENS DE LA FACULTE DE DROIT ET DES SCIENCES ECONOMIQUES (1968-1970)


Nov. 1968-sept. 1969 : Philippe MALAURIE (1925)
Professeur de droit civil et de droit privé.

Sept.-déc. 1970 : Jean-Maurice VERDIER (1928)

Professeur de droit privé et sciences criminelles.

Mis à jour le 06 décembre 2016