Honoris Causa - Daniel COHN-BENDIT

Daniel COHN-BENDIT

De nationalité allemande, Daniel Cohn-Bendit est une figure politique européenne de premier plan.

Né le 4 avril 1945 de parents juifs allemands et militants de gauche réfugiés en France depuis 1933 pour fuir le nazisme, Daniel Cohn-Bendit y passe une partie de son enfance et son adolescence avant de retourner en Allemagne, près de Francfort, en 1958, où il termine sa scolarité dans un lycée autogéré et obtient son bac en 1965. Après un an de propédeutique à la Sorbonne-Censier, il vient sur le campus de Nanterre, toute récemment ouvert, pour suivre un cursus de sociologie.

Daniel Cohn-Bendit appartient alors, avec son frère aîné Gabriel, aux courants libertaires. Il participe aux mouvements de 1967 sur le site de la faculté et de la résidence étudiante de Nanterre (occupation du dortoir des filles alors interdit d’accès aux garçons le soir, grève autour de la question des examens) et interpelle le Ministre de la Jeunesse et des Sports en janvier 1968 lors de l’inauguration de la piscine du Centre sportif universitaire sur l’absence de prise en compte de la dimension sexuelle de la jeunesse.

Le 22 mars 1968, suite à l’arrestation de plusieurs étudiants manifestant contre la guerre du Viet Nam, Daniel Cohn-Bendit occupe avec d’autres la tour administrative de la faculté : c’est le début du « Mouvement du 22 mars » et des événements dits de « mai 1968 » à la longue postérité. Le 21 mai 1968, le Ministre de l’Intérieur prononce à l’encontre de Daniel Cohn-Bendit, dès lors connu sous le surnom de « Dany le Rouge », une interdiction de séjour qui ne sera levée que dix ans plus tard, après un mouvement de soutien de nombreux politiques et intellectuels. Il reviendra sur cet engagement dans son livre Nous l’avons tant aimée, la révolution (1987).

Installé à Francfort, il y devient un acteur engagé dans le monde alternatif et autogestionnaire, et se rapproche des mouvements écologistes. En 1984, il adhère au parti des Verts allemands (Die Grünen) et est élu adjoint au maire de la ville de Francfort-sur-le-Main à partir de 1989. Il participe à la constitution d’un mouvement vert européen se préoccupant non seulement des questions environnementales mais également sociales et politiques.

Elu député européen pour la première fois en 1994, il alternera entre candidatures sur listes allemandes et sur listes françaises, soulignant ainsi la dimension européenne de son engagement. Constamment réélu jusqu’en 2014, scrutin pour lequel il décide de ne pas se représenter, il est co-président du groupe des Verts/Alliance libre européenne au Parlement européen de 2002 à 2014 et s’engage fortement pour une conception fédérale de l’Europe.

Le 2 avril 2012, il est nommé par le président de l’université Paris Ouest Nanterre La Défense membre du Conseil d’administration en tant que personnalité extérieure.

 

Mis à jour le 18 février 2015