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CAILLE Alain


 

Né en 1944 à Paris, docteur en économie et docteur en sociologie, Alain Caillé est Professeur de sociologie.

Il y dirige la spécialité  Société, Économie, Politique et Travail  (SEPT) du Master Science sociale et sociologie (École doctorale « Économie, Organisations et Société », dont il est, par ailleurs membre du directoire). Il y anime le GÉODE (Groupe d'Étude et d'Observation de la Démocratie), laboratoire de sociologie politique qui vient de fusionner avec la laboratoire de philosophie politique contemporaine de Paris X-Nanterre pour constituer le SOPHIAPOL (Sociologie, philosophie anthropologie politiques), équipe d'accueil n°3239,  dont il est le co-directeur avec M. Christian Lazzeri.  

Il est par ailleurs le fondateur et animateur de La Revue du MAUSS (revue interdisciplinaire en sciences sociales et en philosophie politique publiée aux Editions La Découverte), désormais semestrielle, à laquelle est adjointe une collection (une vingtaine de livres publiés), La Bibliothèque du MAUSS. Outre plus de 300 articles il est l'auteur de :

  • Ouvrages

    Splendeurs et Misères des sciences sociales (Droz, Genève, 1986). Traduction partielle en Italien, Mitologia delle scienze sociali, Bollati Boringhieri, Torino, 1988.

    Critique de la Raison Utilitaire (La Découverte, Paris, 1989), traduit en italien et en roumain. Réédité dans la collection (Re)découverte, 2003 avec avant-propos et postface inédits.

    L'Esprit du Don (en collaboration avec Jacques Godbout), La Découverte, 1992, traduit en anglais, espagnol, italien, portugais et turc.

    La démission des clercs. La crise des sciences sociales et l'oubli du politique (La Découverte,1993), traduit en italien et en portugais.

    Au-delà du salariat universel ; Temps choisi et revenu de citoyenneté (Démosthène/M.A.U.S.S. Caen, 1994).

    Don, intérêt et désintéressement. Bourdieu, Mauss, Platon et quelques autres. (La Découverte, 1994). Réédition augmentée en 2005.

    Le tournant de décembre (avec Jean-Pierre Le Goff), La Découverte, 1996.

    Anthropologie du don. Le tiers paradigme, Desclée de Brouwer, octobre 2000 (traduit en italien et en brésilien)

    Association, démocratie et société civile (avec Jean-Louis Laville, Philippe Chanial et alii), La Découverte, 2 001.

    Bonheur et utilité.  Histoire de la philosophie morale et politique (Sous la direction de Alain Caillé, Christian Lazzeri et Michel Senellart), Éditions La Découverte/ 750 pages, octobre 2 001 (traductions en  portugaise et  en brésilien).

    Paix et démocratie (avec Boutros Boutros-Ghali), 2003, UNESCO, Paris. (Traductions en anglais et en arabe).

    Dé-penser l'économique. Contre le fatalisme. La Découverte, 2005.
     
  • Problématique

Le fil rouge qui relie ces divers travaux ou ouvrages peut s'exprimer ainsi : il s'y agit de prendre pleinement au sérieux et d'actualiser l'œuvre de Marcel Mauss, le neveu et héritier spirituel d'E. Durkheim, et tout particulièrement son célèbre (et par ailleurs si méconnu) Essai sur le don en le considérant non seulement comme une contribution majeure à l'ethnologie de son temps ou à la sociologie économique, mais, plus généralement comme un  apport décisif à la sociologie générale et à la philosophie morale et politique. Les pistes de recherche ainsi ouvertes sont multiples, mais ne font pleinement sens que si l'on saisit leur interdépendance :

-  Il faut, tout d'abord, montrer comment une grande partie de la pensée héritée en philosophie, sociologie ou économie est modelée par une conception utilitariste du monde, qui est à la racine de l'économisme aujourd'hui si universellement  dominant et comment cette conception est intenable d'un point de vue anthropologique.

-  Il faut montrer ensuite comment la conception maussienne du don est proprement politique. Comment, bien entendue, elle permet de comprendre le politique comme une relation de don/contredon agonistique généralisée et de penser l'articulation du politique et du religieux, cette question  qui est au cœur de toutes les tentatives d'élaborer une sociologie générale (cf. sur ce point les numéros 22 et 24 de La Revue du MAUSS semestrielle). Qui n'avancera que lorsqu'on se persuadera  qu'avant même de chercher à satisfaire des intérêts matériels les sujets humains visent à être reconnus comme tels et que le don est l'opérateur premier par excellence de cette reconnaissance.

- Ainsi rejoint-on tous les débats sociologique et philosophiques contemporains sur la reconnaissance (des minorités, des sexualités, des religions etc.)  qui ont pris peu à peu le pas sur les luttes classiques de redistribution. Cette problématique croisée de la reconnaissance et du don constitue l'axe de travail prioritaire du SOPHIAPOL pour les 4 ans à venir.

-  C'est dans le sillage de cette réflexion anthropologique et philosophique générale qu'il est alors possible et nécessaire de faire retour vers les champs plus classiques et empiriques de la sociologie contemporaine : sociologie de la démocratie, de l'association, du religieux, du travail et des organisations, de l'économie, de la mondialisation etc.  ?

-  En en assumant les enjeux proprement éthiques et politiques.


AVIS AUX ETUDIANTS DE LICENCE

Aux étudiants du cours de licence HLSPO602, Sociologie, philosophie et économie politiques (Alain Caillé)  

Chers étudiants de licence de sociologie   Pour vous permettre de travailler de la manière la plus sereine mais aussi la plus efficace possible en cette période particulièrement incertaine, il me semble que le mieux est de convenir d'un programme minimal. A priori, il nous restera 7 séances après Pâques (si les cours reprennent). Je laisserai tomber la seconde moitié du cours (consacrée à l'histoire du marché et à la genèse pratique de l'homo oeconomicus) et me contenterai de la première qui esquisse une histoire croisée de la philosophie politique et de la science sociale à partir de la question de la place qu'y tient le « modèle économique » (la perspective utilitariste). Je vous propose de travailler a minima mais sérieusement un bout de cette histoire. Il y aura à l'examen, au moins un sujet (au choix) relatif à l'un ou l'autre de ces bouts. Vous pourriez travailler un de ces moments à partir  du livre de Christian Laval, L'ambition sociologique (dont il faut en tout cas lire l'introduction, et, éventuellement, ma postface) : Sujet n°1 : Saint Simon, Auguste Comte Sujet n°2 : Tocqueville Sujet n°3 : Marx Sujet n°4 : Durkheim et Weber Par ailleurs, je vous propose un Sujet n°5 : Bourdieu (lire La Distinction et/ou Méditations pascaliennes)   Quant à l'histoire de la philosophie, il est possible de la travailler à partir de multiples livres dont Histoire raisonnée de la philosophie morale. Le bonheur et l'utile (A. Caillé, Ch. Lazzeri, M. Senellart Eds). Lire l'introduction générale et/ou (mieux encore), les introductions des parties consacrées à la période qui vous intéresse. Sujet n°6, Platon et Aristote (en prime, lire le Protagoras et l'Ethique à Nicomaque, notamment sur l'amitié) Sujet n°7, Machiavel et Hobbes Sujet n°8, Moralistes français et/ou Spinoza Sujet n°9, Rousseau Sujet n°10, Généralités sur l'utilitarisme (un texte d'A. Caillé, cf. Biblio)).  Sur tous ces points, voir les références précises dans la Bibliographie. Voilà qui vous propose, je crois, un travail instructif et raisonnable (chaque sujet peut être préparé sérieusement  à partir de la lecture de 100 à 200 pages)



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