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La ville et l'industrie aux 19e et 20e siècles. Présentation et articles


Présentation
 

    L'industrie, dans toutes ses manifestations, relève pleinement de l'histoire sociale, puisqu'elle représente un élément formateur essentiel des relations entre les individus, les groupes et les classes, en ville ou ailleurs, partout où elle a existé. Que l'on songe au rapport entre lieu de travail et résidence, à l'emprise des entreprises sur l'espace, ou aux raisons de leur implantation dans les lieux qu'elles occupent et que jamais n'expliquent les "avantages du site".
    
Cela, je l'ai compris en me tournant vers l'histoire de l'espace urbain. La recherche sur la petite entreprise était restée une recherche sur les formes de la production, au fond sans épaisseur. Certains articles que l'on trouvera réédités ici s'inspirent de cette nouvelle approche. C'est pourquoi également, en 1996, lorsqu'une partie du Centre d'histoire de la France contemporaine devint la matrice du site nanterrois de l'actuelle UMR, je proposai au directeur de la nouvelle formation, Alain Plessis, de mettre à son programme l'étude des rapports entre la ville et l'industrie aux 19e et 20e siècles. Des crédits y furent consacrés et des vacataires embauchés, un plan d'études fut rédigé et publié (se reporter à l'article 3), et enfin, le 5 juin 1998 se tint à l'université une journée d'études sur "les nuisances industrielles en ville (18e-20e siècles)", journée dont Alain Plessis rendit compte dans la revue Vingtième siècle.
     L'accent fut mis sur Paris. En effet, parmi les lieux communs ayant aujourd'hui cours sur l'histoire de la capitale, figure la précocité de sa désindustrialisation, voire l'absence chronique sur son sol de toute industrie concentrée. Tant d'études sur la banlieue industrielle insidieusement persuadent qu'il ne fut jamais d'industrie que périphérique. Certes, des écrits discordants existent, mais ils manquent souvent de largeur de vue.
     Une certaine expérience de l'histoire de Paris nous avait fait côtoyer bien des textes intéressant l'industrie, mais, pour cet objet précis, nous manquions d'expérience, et nous avons eu le tort de céder à une certaine pesanteur des sources. En effet, le chercheur s'engageant sur ce chemin tombe fatalement sur la réglementation des établissements dits insalubres (les établissements classés), née en 1810 : riches dossiers d'archives, jurisprudence abondante, sans parler de nombreux travaux historiographiques s'appuyant sur cette documentation providentielle. Or, les établissements classés sont loin de représenter toute l'industrie (très loin de là !), les conflits d'intérêt entre détenteurs du sol, gestionnaires de l'espace et industriels se nouent et se dénouent sur de multiples autres scènes, et l'on en vient bien vite à penser que la scène réglementaire est au fond fort secondaire...

    J'aurais aimé faire des travaux menés sous ma direction la matière d'un numéro spécial de Recherches contemporaines, en 2002 ou 2003, mais le peu d'intérêt rencontré par ce projet fit que les crédits se dérobèrent, si bien que je mis en sommeil ces dossiers, pourtant si riches.


    De son côté, Jean-Claude Farcy, alors encore attaché au Centre uémérisé, réalisa en 1999 une étude sur les accidents de travail dans un grand arrondissement  industriel de Paris au 19e siècle. Ce travail est amplement résumé dans l'article : "Les risques du métier...", paru sous sa signature dans le numéro 6 de Recherches contemporaines. On trouvera ici le texte intégral de son rapport de recherche (texte 4)
    

    
Alain FAURE


Réédition d'articles
(Alain Faure et Jean-Claude Farcy)

 1. Autorités publiques et implantation industrielle en agglomération parisienne (1860-1914), par Alain Faure.
    
    Entre ces deux dates, quelles furent les attitudes tant des pouvoirs politiques que du législateur devant l'implantation massive de l'industrie à Paris ? Il convient d'abord de souligner que l'industrie ne recule en aucune façon à Paris, même si le dynamisme est maintenant du côté de la banlieue. Quant aux préférences des pouvoirs - protection de l'industrie ou hostilité envers elle, surtout envers l'usine -, elles varient d'une période à l'autre.
    Le réglementation de 1810 sur les "manufactures et ateliers insalubres, incommodes ou dangereux" n'est qu'un faux-semblant écologique, son but étant de protéger l'industrie et les industriels. C'est elle qui met un frein considérable à la tendance de l'administration sanitaire à rejeter hors Paris certaines activités polluantes, si bien que Paris reste encore sa propre poubelle. D'autre part, on en saurait parler, dans l'esprit de cette administration, d'une opposition Paris-banlieue, mais d'une continuité entre arrondissements de Paris et communes de banlieue en fonction de la nature sociale de leur peuplement. 

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Article paru dans Danièle Voldman dir., Région parisienne. Approches d'une notion (1860-1980). Cahiers de l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP), n° 12, octobre 1989, p. 93-104.


2.  Les grands quartiers de l'industrie à Paris : l'exemple de La Villette, par Alain Faure.

    Les causes de la très forte implantation de l'industrie dans ce quartier de Paris sont multiples, mais les facteurs ici privilégiés sont d'une part la continuité géographique et historique de La Villette avec les grands quartiers industriels de l'intérieur (Popincourt, les faubourgs Saint-Martin et Saint-Denis...) et d'autre part le développement privilégié d'industries où la main d'œuvre était une main d'œuvre sacrifiée. L'application draconienne du décret 1810 est une cause imaginaire.
    La grande entreprise cloisonne le quartier et grignote l'espace, mais elle ne représente par pour autant un appauvrissement urbanistique puisqu'elle fait naître à ses portes tout un éventail d'activités, à l'origine d'une vie locale riche et variée. Mais vivre dans un tel quartier était vivre au milieu du bruit et des trépidations, être assailli continûment par des odeurs, par des vapeurs, par des fumées, par des parasites... Et à cela, on ne s'habituait jamais. Mais, dans l'opinion comme aux yeux des autorités, il existait des quartiers voués aux mauvaises odeurs et aux fumées, des quartiers sacrifiés, et ce pour le plus grand bonheur des autres.

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Article paru sous le titre de "L'industrie à Paris : La Villette" dans l'ouvrage dirigé par Jean-Marie Jenn, Le XIXe arrondissement. Une cité nouvelle. Paris, Délégation à l'action artistique de la Ville de Paris et Archives de Paris, 1996, p. 91-112.


3. La ville et l'industrie à Paris et en France (1800-1939). Les intentions d'une recherche en cours, par Alain Faure.

 Version électronique :

Article paru dans L'Archéologie industrielle en France, n° 35, déc. 1999, p. 79-81.



4. Les accidents du travail dans le XIXe arrondissement de Paris en 1912, d'après les procès-verbaux de déclarations d'accidents du travail, par Jean-Claude Farcy.

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