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LE PEUPLE de PARIS : ACTES et IMAGES





Actes et mouvements


1. "Mouvements populaires et mouvement ouvrier à Paris (1830-1834)"

    Cet article vise à éclairer la conjoncture sociale à Paris entre les Journées de juillet 1830 et celles d'avril 1834. Le premier trait de cette période fut l'existence d'un fort mouvement gréviste qui obéit essentiellement aux fluctuations de l'emploi : la grève fut un phénomène de "prospérité". Le salaire fut le premier des buts de grève, relèvement du prix de journée ou du tarif (pour les ouvriers payés à la tâche) : il s'agissait souvent d'obtenir un niveau minimum de rémunération. Dans beaucoup de cas, l'organisation, la société de résistance, naissait avec le mouvement. Ce mouvement ouvrier entretint d'étroites relations avec l'agitation révolutionnaire : l'expression politique dominante des révoltés fut républicaine et bonapartiste. Le renversement de la conjoncture entraîna à la fois la reprise de l'activité revendicative et la constitution de la puissante Société des Droits de l'Homme. Trois sectionnaires sur quatre étant des salariés manuels, la SDH prit l'allure d'un parti ouvrier fortement organisé.

 "Popular movements and workers' movement in Paris (1830-1834)"

    This article seeks to clarify the social situation in Paris beetween the revolts of july 1830 and april 1834. The prominent feature of this period was the existence of an important strike movement, which was essentially related to fluctuations in employment: the strikes occurred in a time of relative prosperity. Wages were the principal aim of these strikes, either an increase in daily wages or for piecework. As regards organization, the "resistance society" arose with the strike movement. This workers' movement kept up close relations with the revolutionary agitation : the prevailing political expression of the insurgents was bonapartist and republican. The improvement in the economic conjuncture brought with it the reassertion of the strike movement and the formation of the powerful Society of the Rights of Man. Three of every four section members were salaried manual laborers, and the SRM soon took on the appearance of a highly organized workers' party.

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Article paru dans la revue Le Mouvement social, n° 88, juillet-septembre 1974, p. 51-92.


2. Aux origines de la Commune. Le mouvement des réunions publiques à Paris

Extraits (PDF) du livre paru sous ce titre chez François Maspero en 1980 (372 p.) et écrit en collaboration avec Alain Dalotel et Jean-Claude Freiermuth :

1.Table des matières - Introduction - Sources et  bibliographie
2. Première partie : "Origine et usage d'une liberté très surveillée"


3. "A propos de Perdiguier : qu'est-ce que le compagnonnage ?"

Introduction à : Agricol Perdiguier, Mémoires d'un compagnon, Paris, rééd. François Maspero, 1977, p. 7-33



Valeurs et comportements


1. "Enfance ouvrière, enfance coupable"

  Dans la famille populaire, l'enfant était étroitement lié à sa vie et à sa morale, reproduisant ses valeurs en élève attentif et faisant bloc avec elle pour sa défense. La délinquance était le nom que les autorités extérieures - police, justice, philanthropie ... - donnaient à sa misère.

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Article paru dans la revue Les Révoltes logiques, n° 13, hiver 1980-1981, p. 13-35.


2. "Classe malpropre, classe dangereuse ? Quelques remarques à propos des chiffonniers parisiens au 19e siècle et de leurs cités"

  Comment un "petit métier" de survie a peu à peu été rejeté aux marges de la ville, mais sans rien perdre de sa cohérence, de ses particularismes et de sa hiérarchie.
  Edition complétée par la reproduction de l'eau-forte d'Alexis Forel montrant la cité Maupit, et un florilège de textes illustrant la réputation de sauvagerie des chiffonniers de Paris.

Article paru dans Recherches, n° 29 : "L'haleine des faubourgs", décembre 1977, p. 79-102.


3. Un journal de voyage en pays ouvrier

   Texte de la présentation du livre d'Henry Leyret, En plein faubourg (1895) réédité  en 2000 par l'éditeur Les Nuits rouges.
  A la suite, figurent le texte d'un des chapitres du livre, "De l'alcoolisme", et la gravure de Reinoso en frontispice du livre de Roger Grosclaude, Le prix du sang ou misère contemporaine, Paris, Aux quatre vents, 1938, 59 p.


4. "
Camille et Jeanne, ouvrières à la raffinerie Say"


Article paru dans le Bulletin du Centre d'histoire de la France contemporaine [Université Paris X-Nanterre], n°11, 1990, p. 49-59.

 
5. Notice biographique consacrée à Jeanne Gaillard dans Le Maitron, Dictionnaire biographique  : mouvement  ouvrier, mouvement social. Période 1940-1968. Tome 5, E-Ge, sous la direction de Claude Pennetier. Ivry, Editions de l'Atelier, 2009, p. 341-343. Télécharger la notice




Les pauvres et "nous"


"Vu à vol d'oiseau, le quartier d'Alger qu'on appelle la Casbah, profond comme une forêt, et grouillant comme une fourmilière est un vaste escalier dont chaque terrasse est une marche qui descend vers la mer. Entre ces marches, des ruelles tortueuses et sombres, des ruelles en forme de guet apens, des ruelles qui se croisent, se chevauchent, s'enlacent, se désenlacent dans un fouillis de labyrinthes. Les unes étroites, les autres voûtées comme des caves. De tous côtés, dans tous les sens, des escaliers, des montées abruptes comme des échelles, des descentes vers des gouffres sombres et puants, des porches suintants, obscurs, bondés à toute heure, des rues désertes qu'habite le silence, des rues aux noms étranges. Ils sont quarante mille là où ils devraient n'être que dix mille. Quarante mille venus de partout, ceux d'avant la conquête, ceux du passé barbaresque, et leurs descendants honnêtes, traditionalistes, et pour nous, mystérieux. Des Kabyles, des Chinois, des Gitanes, des Heimatlos, des Slaves, des Maltais, des Nègres, des Siciliens, des Espagnols, et des filles... filles de tous les pays, de tous les formats. Des grandes, des grosses, des petites, des sans-âges, des sans-formes, abîmes de graisse où nul n'ose se risquer. Des maisons qui comportent des cours intérieures, isolées comme des cellules sans plafonds et sonores comme des puits, communiquant presque toutes entre elles par des terrasses qui les dominent, descendant ainsi jusqu'à la mer, colorée, vivante, multiple, il n'y a pas une casbah, il y en a cent."
Extrait du dialogue du film Pépé le Moko, réalisé  par Julien Duviver (1936)


1.  "L'intelligence des pauvres"

 
    De la Société de Saint-Vincent de Paul à l'abbé Viollet :  comment comprendre les pauvres et s'y prendre avec eux ?


 Article  extrait de l'ouvrage : Démocratie et pauvreté. Du  quatrième ordre au quart monde, Paris, Éditions Quart-Monde et Albin Michel, 1991, p. 219-231.



2. "Paris au diable Vauvert, ou La Fosse aux lions"

  
  La Fosse aux lions désignait sous l'Ancien Régime, à Gentilly, une vaste dépression de terrain, ancienne entrée de carrière. La région, aux confins de la ville habitée, avait la réputation d'être hantée, d'être située, comme on disait, "au diable Vauvert". En 1853, à la faveur d'un bail entre l'entrepreneur chargé du déblaiement et le propriétaire, l'Assistance publique, une cité misérable faite de cabanes en bois vit le jour sur ce terrain. Le phénomène était alors fréquent à Paris, effet des travaux haussmanniens, mais cette cité faisait peur en raison de sa situation. Des prêtres en soutane aventurés là furent fort mal reçus et s'enfuirent paniqués, alors que leur mauvais accueil par les habitants s'explique par la peur superstitieuse provoquée chez les gens du peuple par la vue d'hommes en noir. Mais des visiteurs de la Société de Saint-Vincent de Paul entreprirent malgré tout l'évangélisation des habitants de la cité. Chez ces bourgeois charitables, la peur du lieu fit rapidement place à une peur de nature sociale : la misère et l'absence de toute religion faisaient des habitants de la cité l'avant-garde d'un peuple barbare, inassimilable, qui finirait par ruiner toutes les valeurs de la civilisation si on n'y prenait pas garde.


 Article extrait de la revue Histoire urbaine, n° 2, décembre 2000, p. 149-169



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